Mardi 3 novembre 2009
Bonsoir à tous,
non non je ne suis pas encore morte. Presque mais
pas encore. Je suis dans cet état d'entre-deux où on ressemble à un cadavre mais on peut encore respirer, penser, râler, etc. Bref. Je me prends à regretter mon année de khâgne parfois et je
languis très souvent l'année à venir mais j'essaye de faire mon maximum pour ne pas réfléchir (i.e. en bossant tout le temps ou en se créant une bulle éphémère dans un univers parallèle où la
prépa n'existe pas, le temps d'une soirée avec Ben ou de quelques heures avec mes amis,ma famille pendant les vacances). Je crois que l'on peut très vite tomber dans quelque chose de sombre et
vicieux si l'on commence à méditer sur son sort lorsque l'on khûbe. Je redoute toujours les petites absences furtives de la conscience qui font que ce mécanisme de réflexion s'enclenche
immédiatement et que l'on atteint très vite le redoutable "A quoi ça rime tout ça?". Dans ces cas-là, on arrête tout, on ferme les yeux, on débranche: on ouvre un livre, le premier sur la pile
des "livres à ficher" et on fiche. Ou si vraiment ça ne passe pas, on dessine ou on regarde un ou deux épisodes d'une série. Moi j'ai choisi "How I met Your Mother", ça me fait travailler mon
anglais, et puis c'est marrant, ça reprend la recette de Friends mais les acteurs font en sorte que ça donne quelque chose de nouveau et frais. Bref. Trêve de blabla. En fait, j'ai pas
grand-chose à vous raconter. Contrairement à ce que je pensais, khûber, c'est encore plus déboussolant que d'être un carré. L'année dernière, j'ai donné tout ce que j'ai pu, ne sachant pas ce
qu'il fallait fournir. Cette année, sachant le degré de perfection qu'il faut atteindre, j'ai l'impression que je ne pourrai jamais le faire. Là aussi, la solution est simple: hop, écran de
fumée! On se persuade qu'on est tout aussi intelligent que les prépas parisiens qui intègrent à tour de bras et on y croit. Dur comme fer. Je sais que ce n'est que s'illusionner, je m'en rends
compte dans les moments de lucidité comme ce soir. D'ailleurs, j'ai dessiné tout-à-l'heure. C'est mauvais signe. Je vous mets le petit croquis (qui était vieux en fait, je n'ai fait que repasser
au stylo: saurez-vous reconnaître quel est l'artiste que j'ai honteusement -mais goulûment- plagié?) et puis je m'en vais ficher le reste de la "Naissance de l'Italie contemporaine".
* The Islands en face de Harbour
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